Crimes d’héritages : l’affaire Belmon, l’architecte fratricide

 
 
Auteur de l'article eleonore.bounhiol , publié le 26/04/2022 à 17:04
Un verre de vin renversé
Istock
En 2011, l'architecte Matthias Belmon, 35 ans, tue sa sœur cadette Stéphan, 31 ans, en l'étranglant dans un hôtel particulier de Cahors (Lot). La fratrie se disputait depuis plusieurs mois concernant l'héritage copieux légué par leur père, exploitant d'un vignoble réputé et figure locale respectée.
Récit d’un meurtre sanglant au milieu des vignes.

Dans le Lot, la famille Belmon est bien connue. Le père, Christian, a bâti un véritable empire en transformant son village, Goujounac, en domaine viticole d’envergure, qui produit un Chardonnay réputé. Il exploitait également une carrière dans les environs. Avec sa femme, Françoise, ils ont eu deux enfants : l’aîné, Matthias, devenu architecte comme son ancien, et la cadette, Stéphan.

En 2010, le patriarche décède, laissant sa famille dans le désarroi. Ces deux enfants doivent désormais gérer l’entreprise familiale et le patrimoine colossal qui va avec.

Christian Belmon, qui se savait malade, avait pourtant tout prévu. Il lège à sa fille la gestion de l’agence immobilière familiale, et à son fils, celle de la société de construction. Il leur confie également la gestion en commun de la carrière et du vignoble, replanté 18 ans plus tôt, et qui fait désormais la fierté du nom Belmon.

Et si tout semblait, en apparence, tenir la route, les difficultés se font rapidement sentir, notamment pour le fils Matthias.

Marié et père de deux jeunes enfants, il peine à marcher dans les pas trop glorieux de son père, qui était même devenu maire du village de Goujounac, où son ombre plane toujours à chaque coin de rue qu’il a réaménagé.

Affaire Belmon : rivalité, vignoble et destin brisé

En proie à de nombreuses angoisses, Matthias Belmon devient insomniaque, et sombre dans une véritable détresse psychologique. Il n’arrive pas à communiquer avec sa petite sœur sur la gestion du chai familial, sujet de toutes ses obsessions.

Il lance plusieurs ultimatums à Stéphan, laissés sans réponse. Le père de famille de 35 ans se fixe alors une date « butoir » : le 17 octobre 2011, quelques jours avant l’anniversaire du décès de leur père, il doit régler son différend pour de bon.