Excès, mensonges et assassinat : Alexandre Despallières, le « gigolo » qui voulait être riche à tout prix

 
 
Auteur de l'article eleonore.bounhiol , publié le 29/11/2022 à 14:11
Une soirée mondaine
Istock
Il voulait mener grand train, et il a tout fait pour y parvenir. Alexandre Despallières a fini par être soupçonné de l’assassinat de son amant, le riche homme d’affaire Australien Peter Ikin, en 2008. Un crime qui ne va pas tarder à révéler les nombreux autres empoisonnements qu'aurait savamment orchestré le dandy au fil des ans. Sauf que le mystérieux jet-setteur s’est éteint avant son procès, en janvier 2022, emportant avec lui de nombreux secrets. De Paris à Sydney en passant par Los Angeles, portrait d’un « joli coeur » mythomane à la réputation sulfureuse, à jamais innocent…

Le visage d’un acteur hollywoodien. Le cerveau d’un manipulateur hors-pair. C’est ainsi que beaucoup de ceux qui ont croisé la route d’Alexandre Despallières s’appliquent à le décrire.

Tout au long de sa vie, ce garçon attiré par les paillettes a cherché à « en être », et à devenir, à son tour, un richissime VIP… Jusqu’au point de non-retour. En 2008, il est soupçonné du meurtre de Peter Ikin, son richissime compagnon, qui lui aurait légué, comme par magie, toute sa fortune.

Au départ, rien ne prédestinait pourtant Alexandre à faire les gros titres, ni pour ses escroqueries, ni pour sa fortune, ni pour l’assassinat de son amant.

Né en 1968 à Argenteuil (Val-d’Oise), il grandit entouré de ses trois frères, à Bois-Colombes. A 16 ans, il apprend qu’il est séropositif. Qu’importe, il se rêve au sommet, et veut qu’on l’adule : trois ans plus tard, il enregistre un single, « L’amour à mort ». C’est un bide, mais il récidive peu de temps après, avec « D’une manière ou d’une autre ». Il passe à l’occasion dans l’émission de variété de Pascal Sevran, La Chance aux chansons. Mais personne, là non plus, ne le remarque vraiment.

A la fin des années 1980, il fait une rencontre qui va tout changer et lui ouvrir, enfin, les portes du monde qu’il fantasme depuis toujours.

Lire aussi : 11 faits divers qui ont eu lieu dans la jet-set

A l’époque, Alexandre est âgé d’une vingtaine d’années. Il se retrouve à San Francisco, pour assister à un congrès de la maison de disques Warner. C’est là qu’il croise la route de Peter Ikin, producteur, entre autres, d’Elton John et de Madonna, de 8 ans son aîné. Alexandre Despallières lui fait du charme, et le magnat ne résiste pas à son joli minois. Mais la relation ne dure pas : Peter est trop occupé.

Alexandre Despallières, « un mythomane qui s’inventait des vies »

Alexandre décide alors de poursuivre sa route et sa recherche de gloire, dans d’autres bras. Dans les dîners mondains, il se fait passer pour le fils caché d’Elizabeth Taylor ou pour un célèbre chanteur suédois. Il fréquente les stars et n’hésite pas à se prostituer pour assumer son train de vie dispendieux.

« Toutes les personnes qui l'ont rencontré, à différentes périodes et dans des lieux différents, disent la même chose : c'est un mythomane, qui s'invente des vies et des maladies », explique Me Manon Grégoire, avocate du neveu de Peter Ikin, sur BFMTV.

En 2008, Alexandre Despallières, à la recherche d’une nouvelle « proie », se met à repenser à Peter Ikin. Vingt ans après leur rencontre, il décide de se rendre à Sydney, où réside le millionnaire, désormais à la retraite. Là, il lui fait croire qu’il est à son tour devenu très fortuné, et désormais à la tête d’une société numérique estimée à plusieurs milliards d’euros. C’est le succès de Peter qui l’a inspiré durant toutes ces années, confie même Alexandre à son ancien amant.

Peter Ikin tombe à nouveau sous son charme. C’est le début d’une véritable descente aux enfers.