Francs-maçons tueurs : quelle est cette étrange “confrérie” dans le viseur des enquêteurs ?

 
 
Auteur de l'article eleonore.bounhiol , publié le 06/05/2022 à 18:05
Le symbole Franc-maçon
Istock
Le scénario est digne d’un feuilleton. Un mystérieux groupe de tueurs à gages liés à la franc-maçonnerie aurait été chargé de tabasser, voire d’assassiner, plusieurs individus, entre 2018 et 2020, notamment en région parisienne. Les crimes auraient été commandités par des anciens du renseignement et des spécialistes de la sécurité privée, membres de la loge maçonnique « Athanor » et en proie à un délire de toute-puissance. Leurs projets ont ciblé entre autres, une coach en entreprise, un pilote de rallye ou encore un couple d’entrepreneurs dans le BTP. Des gens sans histoire, qui, pour ceux qui en ont réchappé, ont du mal à comprendre ce qu’il leur est arrivé.

C’est le Parisien qui révèle l’affaire invraisemblable.

Le 24 septembre 2018, Madame D., une femme d’une quarantaine d’années, croise un prétendu livreur alors qu’elle rentre chez elle, dans le Val-d’Oise. Il a le visage dissimulé par son casque, et porte plusieurs cartons à pizzas. Il semble chercher une adresse, et demande à la quadragénaire de l’aider. Avant même que celle-ci n’ait pu lui répondre, il lui assène plusieurs coups de poings au visage, et s’empare de son ordinateur portable, avant de prendre la fuite. Sous le choc, la victime porte plainte. L’affaire est rapidement classée : un banal vol à la tire, pensent les enquêteurs à l’époque, avec un coupable intraçable.

Mais en 2020, les enquêteurs de la brigade criminelle, qui enquêtent alors depuis peu sur une étrange cellule maçonnique, vont découvrir que l’agression serait, en réalité, commanditée par un certain Frédéric V., spécialiste de la sécurité privée, et son comparse Daniel B., ancien policier du renseignement. Tous deux font partie de la loge franc-maçonne « Athanor », située à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine) et sont suspectés de diverses malversations.

Une « mission clandestine pour le compte de la DGSI »

A l’époque, ils auraient mandaté Sébastien L, leur « homme de main », pour tabasser la quadragénaire et lui soutirer des informations. Devant les enquêteurs, ce dernier explique qu’il pensait alors réaliser une mission « clandestine, pour le compte de la DGSI », révèle le Parisien. Mais pourquoi la quadragénaire a-t-elle été prise pour cible ?

Au fil de leurs recherches, les enquêteurs ont découvert que la victime gérait à l’époque un appel d’offres à plusieurs millions d’euros pour le compte de l’entreprise Mercedes. Sans toutefois établir un lien précis avec les commanditaires.