Ils nettoient les scènes de crimes : les secrets d’un métier pas comme les autres

 
 
Auteur de l'article eleonore.bounhiol , publié le 04/08/2022 à 20:08
Nettoyage d'une scène de crime
Adobe Stock
Après un décès, accidentel ou criminel, il faut bien désinfecter les lieux… Ce job parfois ingrat, c’est celui de Julien Martel, président et fondateur du groupe NAD, spécialisé dans le nettoyage après décès. Il nous raconte.

Des appartements sans dessus dessous, du sang en quantité, des odeurs de putréfaction prégnantes et quelques traces de la vie qui n’est plus : c’est le spectacle glaçant auquel sont souvent confrontés les équipes de NAD, entreprise spécialisée dans le nettoyage après décès. Leur rôle ? Remettre en ordre sanitaire les logements après un évènement malheureux : un décès, un suicide médicamenteux ou par arme à feu, voire un crime.

Parfois, les équipes interviennent des jours, voire des mois après le décès. « On est intervenus dans des cas où les défunts étaient découverts jusqu’à 3 ans plus tard », nous raconte Julien Martel, le fondateur.

Les taches sont délicates, parfois ingrates, mais désespérément nécessaires. Dans tous les cas, le nettoyage post mortem n’est pas une mince affaire, et nécessite bien des précautions et une grand part de technicité. « Car les surfaces sont contaminées par les fluides biologiques, explique Julien Martel. Tout ce qui est sorti de la putréfaction, c’est comme de l’eau. Ça s’infiltre partout. C’est catastrophique les dégâts que peut causer un corps ».

Pour exercer son métier au mieux, Julien Martel, un ancien du secteur funéraire, a donc fait de vastes recherches pendant trois ans avant de créer son entreprise.

« Nous avons fait de l’apprentissage en microbiologie, il faut connaitre comment se développe une bactérie… Je me suis aussi intéressé à la chimie, car on utilise du peroxyde d’oxygène pour les désinfections, et ça ne se fait pas n’importe comment », commente le professionnel.

Odeurs, sang… Comment travaille-t-on dans l’horreur de l’après-crime ?

Le nettoyage, en effet, n’est pas fait à la légère, et parfois, le travail est dantesque. « Nous travaillons en binôme, mais dans certains cas, il faut quatre personnes. Parfois, cela ne prend que quelques heures, mais il arrive que l’on y passe jusqu’à 15 jours », commente le fondateur de NAD. « On travaille sur quelque chose de souillé en profondeur, donc il faut être très méticuleux, et forcément ça être lent ».

Les équipes, surtout, doivent avoir les nerfs solides. « Il y a des scènes choquantes, qui vous marquent au fer rouge, des images vraiment pas belles. L’odeur de putréfaction, quand on la sent, le premier réflexe c’est de fuir la zone. C’est contre-nature d’aller dans un lieu où cette odeur est prégnante », expose Julien Martel.

Leur travail de l’ombre est une affaire de passionnés. « Quand on aime le métier, ce n’est plus quelque chose qui vous dérange. Il faut avoir à cœur d’aider les gens. Bien sûr, on comprend leur douleur, on a beaucoup d’empathie, mais ce ne sont pas nos vies, et il faut aussi savoir prendre du recul pour bien faire son travail », analyse le professionnel.