« Je n’avais qu’une envie : mourir » : le cauchemar de Laura, violée par trois hommes

 
 
Auteur de l'article eleonore.bounhiol , publié le 21/04/2022 à 20:04
Une femme
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La vie de Laura, 26 ans, est émaillée d’abus et de violences. « On dirait que les prédateurs savent repérer mes failles », souffle la jeune femme. Violée par un camarade à 12 ans, victime d’un pédophile à l’âge de 13 ans, elle entame plus tard une relation avec un homme violent qui la bat, la rabaisse et la prive de tout. Après des années d’abus, elle a trouvé le courage de s’enfuir avec ses filles. Aujourd’hui, on lui en a pourtant retiré la garde. Elle lance un appel, désespérée face à la justice. Laura a accepté de se confier et de nous raconter son parcours douloureux.

C’est un cercle vicieux de violences et de prédation dont les mécanismes sont bien connus, et dont trop de femmes souffrent en silence. Abusée par trois hommes, Laura est aujourd’hui une survivante.

L’horreur commence lorsqu’elle n’a que 12 ans. A l’époque, Laura savoure encore l’innocence de la préadolescence, et ses turpitudes amoureuses. « J’étais entichée d’un garçon qui avait deux trois ans de plus que moi », confie la jeune femme. « Innocemment, je lui écris un petit mot pour lui demander un rendez-vous ». L’adolescent lui donne alors rendez-vous dans un hangar désaffecté. La jeune fille ne se doute de rien et pense que la rencontre sera romantique. Sur place, c’est un tout autre scénario qui se joue. « Sans que je n’y attende, il m’a forcé à lui faire une fellation », raconte Laura. Choquée, elle n’ose pas en parler, mais croise une amie, en rentrant chez elle, à qui elle décrit la scène, en larmes. « Elle me dit que c’est très grave ; je finis par en parler à mes parents, et nous allons déposer plainte au commissariat. » Devant les policiers, Laura se sent pourtant très seule. « On m’a interrogé comme si c’était moi la coupable. Mes parents n’étaient même présents, ce qui est illégal. Tout le long de l’interrogatoire, ils n’attendaient qu’une chose : que je dise que j’ai menti ». Son agresseur est le fils d’une juge. Laura se sent découragée. « A la fin, j’en avais tellement marre, et j’ai fini par dire que j’avais mentir, je voulais juste passer à autre chose ».

« Mon corps ne répondait plus »

Elle devient un peu rebelle, tente d’oublier. Mais le sort s’acharne. Alors qu’elle vient d’avoir 13 ans, elle se retrouve à nouveau entre les griffes d’un prédateur. « Ma meilleure amie connaissait une personne qui avait 27 ans et qui tenait un magasin de bonbons. C’est quand même ironique », raconte Laura. « Un jour, cet homme nous invite chez lui, et on fait le mur pour se retrouver dans son studio. A l’époque, je fumais des cigarettes mentholées, mais comme j’étais jeune, je n’en avais pas toujours sur moi. Il me propose alors de m’en offrir une, roulée. Au bout de quelques taffes, je ne me sens vraiment pas bien, j’avais la tête qui tourne, je me suis allongée sur le canapé ». Ensuite, Laura se souvient que son amie est partie pour répondre au téléphone. « Et là, cet homme s’approche de moi et me déshabille pour me toucher. Dans ma tête, j’arrêtais pas d’essayer de crier et de bouger, mais impossible, mon corps ne répondait plus. Il commence à mettre ses doigts dans ma culotte, et là, je ne me souviens plus de rien, jusqu’au lendemain matin ».

Laura ne parlera jamais de cette histoire, esseulée par sa première tentative de dépôt de plainte, quelques mois plus tôt. Mais la jeune-fille perd le contrôle, son adolescence est une lente descente aux enfers : elle fait plusieurs tentatives de suicide et se retrouve en maison de repos. Et malheureusement, la vie ne va lui offrir que peu de répit.