L’affaire Bérenger Brouns : le jour où le "gentil boucher” a découpé sa maîtresse et son fils

 
 
Auteur de l'article eleonore.bounhiol , publié le 21/09/2022 à 14:09
Le canal Saint-Martin (Paris)
Istock
C’est un crime sordide, commis par un homme « normal », le « monsieur tout le monde » de son quartier ». Le 20 février 2005, Bérenger Brouns, boucher près du canal Saint-Martin, à Paris, tue sa maîtresse, Christelle, et le fils de cette dernière, âgé de 4 ans, avant de découper leurs corps et de disséminer les restes dans plusieurs poubelles de la ville. Mais comment ce gentil charcutier est-il devenu un « monstre » ?

Le 22 février 2005, la mère de Christelle Leroy, une jeune femme de 26 ans, s’inquiète : elle n’a pas de nouvelle de sa fille, et de son petit-garçon, Lucas, âgé de 4 ans, depuis plusieurs jours. Elle se rend au commissariat, mais la police refuse d’ouvrir une enquête : après tout, Christelle est majeure, elle peut bien faire ce qu’elle veut, y compris disparaitre…

Mais le lundi qui suit, le patron de la jeune femme, Bérenger Brouns, charcutier-traiteur dans le Xe arrondissement de la capitale, prévient la famille que Christelle ne s’est pas présentée au travail.

Sa mère mobilise la presse. Un journaliste, qui décide d’investiguer, se rend chez Christelle et constate, avec effroi, la présence de traces de sang sur sa porte d’entrée.

La brigade de recherche des personnes disparues est finalement saisie. Ils interrogent Bérenger ; il est supposément la dernière personne à avoir vu Christelle avant qu’elle ne disparaisse avec son fils.

Surtout, l’employeur de la jeune-femme, qui tient un stand au marché Saint-Martin, était aussi… son amant.

Affaire Bérenger Brouns : la relation « passionnelle » au cœur des investigations

En 2004, Christelle s’est présentée dans la boutique du charcutier, rue du Château-d ’Eau, dans le Xème arrondissement : elle cherchait un travail. L’homme, marié et père de deux filles, aurait eu « un coup de foudre » pour la jeune femme. Il l’embauche, et les deux entament une liaison passionnelle.

Bientôt, le boucher ne se cache plus, et vit son histoire avec Christelle au grand jour. Il parvient même à convaincre sa femme d'accepter cette aventure. 

« C'est sûr, au début c'était un amour telle. Pour elle et pour son fils, il était prêt à tout, il la couvrait de cadeaux et s'était porté caution pour l'appartement qu'il leur avait trouvé, à quelques pas de son travail, pour qu'ils soient plus proches de lui », témoigne Elodie, l’une des trois sœurs de Christelle, dans le Parisien.

Mais au sein du couple, les disputes, violentes, se font de plus en plus fréquentes.  Au bout d’un an de relation, Christelle décide de quitter Bérenger : il l’étouffe, elle n’en peut plus de ses crises de jalousie à répétition.

Elle disparaitra peu de temps après.

Le charcutier fait dès lors office de suspect principal pour les enquêteurs. Mais l’homme nie, et fait montre d’une grande tristesse quant à la disparition de son ancienne maîtresse.

Sauf que le 4 avril 2005, la brigade découvre, en étudiant les relevés téléphoniques de Christelle Leroy, que la jeune femme a reçu, le soir de sa disparition, un appel, qui proviendrait du domicile de Bérenger Brouns. Lors d’une perquisition chez le boucher, les enquêteurs découvrent par ailleurs plusieurs éléments troublants : l’homme a récupéré de nombreuses affaires chez son amante, dont un papier lui appartenant, mentionnant un rendez-vous chez le gynécologue. Christelle était enceinte.