L’aide-soignante était une tueuse en série : la glaçante affaire Ludivine Chambet

 
 
Auteur de l'article eleonore.bounhiol , publié le 22/04/2022 à 18:04
Un couloir d'hôpital
Istock
En périphérie de Chambéry, entre 2012 et 2013, c'est l'hécatombe au sein de l'Ehpad de Jacob-Bellecombette. Près de 10 personnes âgées décèdent, les une après les autres, sans explication... Jusqu'à ce qu'une enquête soit ouverte et qu'elle s'intéresse à Ludivine Chambet, une aide-soignante sans histoire de 30 ans, qui cache en réalité un lourd secret. Pendant des mois, prise dans une spirale criminelle infernale, elle aurait sciemment empoisonné des résidents en leur administrant un cocktail de médicaments fatal.

Le 27 novembre 2013, à la maison de retraite du Césalet de Jacob-Bellecombette en périphérie de Chambéry, une pensionnaire tombe soudainement dans le coma, et décède quelques heures plus tard. Les médecins n’ont pas pu la sauver, et se posent de nombreuses questions. Cette dame âgée était en bonne santé, et rien n’explique son décès brutal. Ses proches, qui veulent comprendre, demandent l’ouverture d’une enquête. Et, stupeur : les analyses toxicologiques menées sur la vieille dame mettent en évidence une présence importante de neuroleptiques et d’antidépresseurs dans son sang. Des psychotropes qui ne lui ont pourtant jamais été prescrits.

Dans l’établissement, la psychose ne tarde pas à se répandre dans les couloirs. Car ce décès suspect n’est hélas par le premier. Depuis le mois de septembre 2012, près de 10 pensionnaires ont ainsi succombé étrangement, pour des raisons inexpliquées et alors qu’ils étaient eux aussi en bonne santé. Les enquêteurs décident de prendre le dossier au sérieux. Ils vont d’abord s’intéresser au personnel de l’Ehpad, et éplucher le planning des présences. Fait curieux : au moment de chaque décès, une seule et même aide-soignante est toujours de garde. Il s’agit de Ludivine Chambet, 30 ans.

Les comportements plus qu’étranges de Ludivine Chambet

Cette femme, en apparence sans histoire, semble très proche des résidents, qui se confient volontiers à elle. Mais rapidement, les témoignages de ses collègues font état d’une autre vérité. Ludivine, qui travaille depuis l’été 2012 dans l’établissement, aurait des comportements plus qu’étranges. Elle pousse des cris dans les couloirs, et s’isole souvent.

Placée en garde-à-vue, la jeune femme ne va pas tarder à avouer. Calmement, la soignante explique aux enquêteurs qu’elle a simplement voulu « abréger » les souffrances de ces pensionnaires, car elle ne « supportait pas de voir leur douleur ». Sauf que ces personnes, âgées de 76 à 96 ans, n’étaient pas en fin de vie, et ne souffraient d’aucun problème de santé grave.

Ludivine Chambet raconte qu’elle aurait ainsi administré un puissant cocktail de psychotropes à 9 d’entre eux, en l’espace de seulement quelques mois.

A l’issue de sa garde à vue, elle est mise en examen pour « empoisonnements sur personnes vulnérables » et placée en détention provisoire.

Les dépouilles de ses victimes présumées sont alors exhumées, et des analyses sont pratiquées. Elles vont toutes révéler un taux anormal de médicaments dans leur sang. Pire, encore : trois autres pensionnaires, qui ont miraculeusement survécu, auraient aussi ingérés le terrible cocktail préparé par l’aide-soignante.

Au total, la jeune femme aurait empoisonné pas moins de 13 résidents.