Le président Félix Faure est mort pendant ses ébats avec elle : qui était la sulfureuse Marguerite Steinheil ?

 
 
Auteur de l'article eleonore.bounhiol , publié le 08/09/2022 à 14:09
Marguerite Steinheil et son avocat, Me Aubin (1909)
Creative Commons
Elle est celle par qui le scandale arrive. Le 16 février 1899, le président de la République Félix Faure rend l’âme au beau milieu d’un rendez-vous avec sa maîtresse, Marguerite Steinheil, une femme sulfureuse qui portera, dès lors, le surnom équivoque de « pompe funèbre ». Plus tard, « Meg » sera également mêlée à une sombre affaire judiciaire, soupçonné d’avoir tué sa propre mère et son époux, Adolphe Steinheil. Portrait.

Une mondaine au cœur de bien des scandales. C’est ainsi que beaucoup de contemporains décrivent Marguerite Steinheil au début du XXème siècle. La jeune femme est surtout connue, à l’époque, pour avoir été la maîtresse du président Félix Faure, mort dans ses bras en plein ébats en 1899.

Marguerite nait en 1869 dans une riche famille industrielle, les Japy, et fréquente la haute-société dès son plus jeune âge. C’est une jolie jeune-fille, courtisée par de nombreux prétendants. A l’âge de 20 ans, elle épouse Adolphe Steinheil, un peintre français. Ensemble, ils ont une petite fille, Marthe, et partagent leur vie entre la capitale et la province, au gré des commandes d’œuvres de l’artiste.

Mais le mariage ne tarde pas à péricliter. Marguerite et Adolphe ne s’entendent plus ; à l’époque, toutefois, pas question de divorcer. Les époux décident seulement de vivre leur vie, chacun de son côté.

Marguerite continue de recevoir, et son salon accueille les personnalités les plus éminentes de la scène parisienne de l’époque : Emile Zola, François Coppée, Pierre Loti…  

Les aventures du président dans le "Salon bleu" de l'Elysée

En 1897, à l’occasion d’un séjour à Chamonix, la jeune femme, âgée de 28 ans, rencontre le président Félix Faure, élu deux ans plus tôt. Ce dernier, séduit par le talent de son époux, confie à Adolphe Steinheil la réalisation d’un portrait officiel.

Dans les semaines qui suivent, le chef de l’Etat n’a donc de cesse de se rendre au domicile du couple, impasse Ronsin, à Paris.

Là, il s’éprend de Marguerite ; et les deux deviennent amants. On raconte qu’ils se rejoignent très souvent dans le fameux « Salon bleu » de l’Elysée, une pièce « intime » au rez-de-chaussée du palais présidentiel.

La relation entre le président d’une cinquantaine d’années et sa « cocotte » est alors un secret de Polichinelle dans la haute-société. On dit que l’homme d’état est même drôlement amoureux de Marguerite, au point qu’il songe à divorcer de son épouse, Berthe Faure.