Pervers narcissiques : comment démasquer ces dangereux manipulateurs ?

 
 
Auteur de l'article eleonore.bounhiol , publié le 04/10/2022 à 18:10
Une main tirant des fils
Istock
INTERVIEW. Ce sont de dangereux manipulateurs, qui piègent leurs proies subtilement et leur font vivre un enfer. Les pervers narcissiques se cachent partout ; mais comment les démasquer, et éviter de tomber dans leur piège ? Johanna Rozenblum, psychologue clinicienne et auteure de « Pervers narcissique - comprendre l’emprise pour s’en libérer » (ed. Alpen), nous dévoile les dessous de leur psyché.

Le terme est à la mode : pervers narcissique. Il désigne pourtant un mode de fonctionnement bien particulier, dont les conséquences peuvent être dramatiques pour celui qui tombe dans le filet de ces individus à la psyché trouble.

Violences psychologiques et verbales, humiliations, isolement et maltraitance physique… Les pervers narcissiques sont, en somme, très doués pour « détruire », tout simplement, leurs victimes.

« Il n’y a pas de consensus sur la définition d’un pervers narcissique, nous explique Johanna Rozenblum, psychologue clinicienne et auteure de « Pervers narcissique - comprendre l’emprise pour s’en libérer » (ed. Alpen), car ça n’est pas une pathologie mentale reconnue dans le manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux ».  Elle poursuit :

Mais on peut le définir comme une personne qui a une très haute estime d’elle-même, souvent le fruit d’une carence affective dans l’enfance. Il a besoin de soumettre l’autre, de le mettre sous emprise, afin de s’assurer une forme d’ascendance pour installer et assoir dans le temps sa personnalité narcissique. - Johanna Rozenblum, psychologue clinicienne

Le pervers narcissique n’a d’ailleurs pas de genre : il peut être une femme, ou un homme, précise la psychologue.

« La victime du pervers narcissique devient un objet »

Son trouble est la combinaison de deux ‘facteurs’ :  le narcissisme, donc, mais aussi la perversion, le fait de jouir de la souffrance infligée à l’autre.

« Il ne peut pas être uniquement narcissique, il a besoin d’assujettir et de soumettre pour pouvoir continuer à fonctionner normalement. C’est comme une stratégie de survie, un mécanisme de défense chez lui, avance Johanna Rozenblum. Il doit projeter sa propre souffrance, ses névroses ou sa folie sur une personne qui va devenir un objet, réceptacle de tout ça, pour pouvoir, lui, s’extirper d’une forme de réalité qu’il n’est pas capable de voir, car cela ça le fragiliserait trop ».