Pierre Rivière, le paysan qui a assassiné sa famille de sang-froid au XIXème siècle

 
 
Auteur de l'article eleonore.bounhiol , publié le 17/06/2022 à 16:06
Une faucille
Istock
« Moi, Pierre Rivière, ayant égorgé ma mère, ma sœur, et mon frère ». C’est par ces mots que le tueur introduit son autobiographie, rédigée en prison. En 1854, le jeune homme, âgé de 20 ans, assassinait de sang-froid sa famille à coups de serpe, avant de s’enfoncer dans les bois. Arrêté un mois plus tard, il se suicide après 5 ans de détention. Mais qui était vraiment ce paysan normand à la folie meurtrière sans égal ?

Le crime a marqué les annales de la justice. C’est peut-être la première tuerie familiale à avoir connu tel retentissement. Aujourd’hui, certains observateurs rapprochent le cas Pierre Rivière de celui de Xavier Dupont de Ligonnès. Dans les deux affaires, on retrouve peu ou prou les mêmes ingrédients : une tuerie familiale de sang-froid, un suspect en apparence banal, et une fuite… Sauf que Rivière, lui, a fini par être rattrapé.

Pierre Rivière nait en janvier 1815 dans un petit village du Calvados. Ses parents, Victoire et Pierre-Margrin, auront ensuite cinq autres enfants.

Mais très vite, la mère de famille délaisse le jeune Pierre, et un beau jour, elle décide également de quitter son époux. A l’époque, il n’a que quatre ans. Victoire abandonne le foyer. Mais contre toute attente, la mère de famille finit par demander la garde de Pierre au bout d’un an.

Pierre grandit sans vraiment comprendre ce qui se trame chez lui. Alors qu’il est âgé de 10 ans, sa mère décide, finalement de le chasser du domicile familial, avec sa sœur, Aimée.  Les deux enfants retournent vivre chez leur père. Leurs frères, Jean et Prosper, qui est handicapé mental, ne tardent pas à les y rejoindre. Finalement, Victoire se retrouve seule avec le petit dernier : Jules.

A l’adolescence, Pierre Rivière devient paysan, comme son père. Mais il souffre de voir son géniteur accablé par « l’hystérie » de sa mère. Car si le couple vit séparément, ils demeurent mariés au yeux de la loi, et c’est au père de famille qu’il revient de gérer les dettes colossales de sa femme.

Massacrés à la faucille 

En 1834, le petit Jean décède d’une méningite. Victoire, qui tient son père pour responsable, le menace de mort, devant Pierre, hébété. Elle décide, finalement, de se venger en accumulant de nouvelles dettes. Pierre senior est alors assailli par les créanciers de sa femme, lui qui n’a plus le sou, et tente même de se pendre pour échapper à son triste sort.

Finalement, la justice ordonne à Victoire de rejoindre sans attendre le domicile familial. La mère s’exécute, mais les tensions sont loin de s’apaiser entre les époux.  Entre leurs deux parents, les enfants choisissent tous leur camp. Pierre, lui, soutient son père.

Le matin du 3 juin 1835, Pierre Rivière, âgé de 20 ans, revêt ses habits du dimanche puis débarque dans la pièce principale de la ferme familiale où il fauche sa propre mère à l’aide d’une faucille. Elle était enceinte de 7 mois. Il égorge ensuite, avec le même outil, sa sœur Aimée, 18 ans et son jeune frère Jules, âgé de 7 ans.   

Son terrible forfait achevé, le jeune homme prend la fuite dans les bois normands. Il y errera pendant près d’un mois, se nourrissant de baies et achetant du pain avec ses économies, avant d’être finalement arrêté.