Procès de Nordahl Lelandais : quels sont les traits les plus courants chez les psychopathes ?

 
 
Auteur de l'article eleonore.bounhiol , publié le 18/02/2022 à 15:02
Ombre d'une silhouette
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Jugé depuis le 31 janvier pour le meurtre de la petite Maëlys, Nordahl Lelandais, 39 ans, a été décrit par plusieurs experts comme un « psychopathe ». Mais qu’est-ce cela signifie-t-il vraiment ? Et comment détecter ces personnes, souvent très dangereuses, au quotidien ? Nous avons demandé au Dr Alexandre Baratta, psychiatre expert près de la cour d’Appel de Metz.

« Psychopathe ». Aujourd’hui, on entend, et on utilise ce terme à tout bout de champ. Pourtant, ce mot n’est pas anodin. Dernièrement, lors du procès de Nordahl Lelandais pour l’enlèvement, la séquestration et le mettre e la petite Maëlys de Araujo en août 2017 à Pont-de-Beauvoisin, le diagnostic de l’accusé comme « psychopathe » par plusieurs experts a soulevé quelques questions. Nous en avons posé quelques-unes au Dr. Alexandre Baratta, expert psychiatre près la Cour d’Appel de Metz et praticien hospitalier. C’est un habitué des tribunaux, et des prisons, et il a croisé plusieurs psychopathes au cours de sa carrière.

Qu’est-ce qu’un psychopathe ?

Pour le Dr. Baratta, tout d’abord, une distinction s’impose entre deux notions : celle du « sociopathe » et celle du « psychopathe », deux termes que l’on utilise souvent, à tort, comme des synonymes.

« Ceux qui parlent de sociopathes ont tendance à penser que c’est la société qui les rend méchants. Or, pour un psychopathe, le déséquilibre est inné », explique le psychiatre.

Autre différenciation de taille : « La psychopathie n’est pas une maladie mentale, c’est un trouble de la personnalité ». Rien à voir, donc, avec les personnes psychotiques, schizophrènes, bref, avec la « folie mentale » au sens large.

Les psychopathes sont donc « nés ainsi », bien que, selon Alexandre Baratta, les causes du trouble soient « multifactorielles ».

« Il y a notamment une grosse part éducative », poursuit le spécialiste. Des foyers violents ou maltraitants, des parents absents ou en proie à des addictions, par exemple, peuvent alimenter le trouble, qui peut apparaître très tôt, « à partir de 12-13 ans », selon le Dr. Baratta, bien qu’on ne puisse complètement le diagnostiquer qu’à la majorité.