TEMOIGNAGE Qui a tué Romain, 13 ans ? L’appel déchirant de sa maman Karine

 
 
Auteur de l'article eleonore.bounhiol , publié le 23/03/2022 à 16:03
Romain
Karine
En juillet dernier, le corps du jeune Romain, 13 ans, est découvert dans la baignoire de l’un de ses voisins, à Tarascon (Bouches-du-Rhône). L’adolescent a été sauvagement décapité. Depuis, sa maman, Karine, se bat pour connaître la vérité. Elle nous a accordé un entretien exclusif.

C’est un drame à peine imaginable qui a totalement détruit la vie de Karine, une mère de famille de 40 ans qui vit à Tarascon (Bouches-du-Rhône).

Le 18 juillet 2021, le corps de Romain, son jeune fils de 13 ans, est découvert, démembré et enroulé dans un sac dans la baignoire d’un voisin. Sa tête « partiellement mangée » selon les premières constatations, a été sciée grossièrement. Elle gît dans un sceau, à quelques mètres du corps. La scène est insoutenable. Le jeune garçon, un peu rebelle avait fugué, deux jours plus tôt de chez lui, alors que Karine s’était absentée pour le week-end.

Le combat d'une maman

L’homme chez qui il a été retrouvé sans vie, c’est Arthur André, un déséquilibré de 32 ans qui venait tout juste de revenir dans le quartier, après un long séjour en hôpital psychiatrique. C’est son voisin, qui venait ce matin faire le ménage chez lui qui a découvert le cadavre du jeune garçon, et alerté les forces de l’ordre.

Lorsque la police arrive sur place, le suspect s’échappe sur les toits de l’immeuble. Il est abattu par un adjoint de sécurité.

Huit mois plus tard, les questions sont encore nombreuses pour Karine, la maman de Romain, qui doit faire face, en plus d’un deuil insoutenable, aux méandres du monde de la justice. Car pour l’heure, l’enquête n’a pas permis de savoir ce qu’il s’était passé ce soir-là, pourquoi, et par qui Romain avait réellement été pris pour cible. Le combat de Karine, c’est désormais d’obtenir la vérité, coûte que coûte. Elle a accepté de témoigner pour Enquêtes de vérité.

Pouvez-vous nous parler de Romain, quel genre de garçon était-il ?

Karine : C’était un garçon adorable, qui donnait beaucoup d’amour, il aidait beaucoup, et il avait un cœur énorme. Mais il souffrait terriblement psychologiquement. Avec moi comme avec ses frères et sœurs, par moment c’était un peu conflictuel. Il a été placé en foyer à cause des ses problèmes, mais on est restés très proches. Il avait toute ma confiance. Mais vers la fin, Romain ne parlait plus, il gardait tout en lui, il ne s’exprimait plus que par des crises de colère, ou en faisant des fugues. J’essayais de comprendre pourquoi, mais il ne me disait rien.

Ce jour-là, comment apprenez-vous le drame ?

Karine : J’étais partie tout le week-end à Toulouse. Dans la nuit de vendredi à samedi, sa meilleure amie m’envoie un message : « Romain n’est pas rentré, je m’inquiète ». Je lui dis de ne pas se tracasser, « tu sais comment il est, il va revenir ».  Mais le lendemain, il n’était toujours pas là. Et le dimanche, lorsque je rentre chez nous, à Tarascon : toujours pas de Romain. C’est à ce moment-là que voisin a envoyé un message à mon autre fils Lucas en lui disant : « je sais ce qui s’est passé, je suis parti faire le ménage chez Arthur André et j’ai vu une forme de corps dans un sac, dans la baignoire, c’est Romain. J’ai reconnu ses vêtements par terre, pleins de sang. » J’entend des bribes de leur conservation, et je me dit qu’ils sont fous, que ça n’est pas possible.