Elle est séquestrée pendant trois ans par des mennonites : c’est quoi ce mouvement religieux ?

 
 
Auteur de l'article laure-helene , publié le 10/09/2021 à 18:09
L'affaire Godard reste à ce jour non élucidée
Une jeune femme de 25 ans a été séquestrée pendant trois dans dans une pièce lumière, ni eau ni électricité, par sa mère et sa sœur aînée. Selon La Nouvelle République, une conversion de la mère à un mouvement religieux pourrait être en cause.

Prisonnière de sa mère et de sa sœur. En Charente-Maritime, une jeune femme a été séquestrée par ces deux membres de sa famille durant trois ans. Le procureur de la République de La Rochelle a notamment évoqué « des conditions de vie indignes » et « en lien avec un rite religieux ». Tout a commencé la nuit du 24 août dernier, lorsque les gendarmes de Saint-Jean-d’Angély (Charente-Maritime) ont porté secours à cette femme de 25 ans, qui venait de s’enfuir du domicile familial.

Mennonisme : une jeune femme de 25 ans séquestrée pendant 3 ans

Dans un communiqué, cité par Le Figaro, le procureur de la République précise que cette dernière a expliqué « être séquestrée depuis trois ans par sa mère et sa sœur dans un habitat insalubre, avoir été violentée à plusieurs reprises pour avoir tenté de se rebeller ou de partir, avoir été régulièrement privée de repas et subir des conditions de vie indignes, le tout en lien avec un rite religieux suivi à la lettre par sa mère et sa sœur ». Des examens médicaux ont permis de prouver la véracité de ses propos.

L’affaire a été rendue publique mardi 7 septembre par La Nouvelle République. Le quotidien régional évoquait alors une conversion de la mère et de la sœur aînée au mennonitisme », aussi appelé mennonisme et qui est un mouvement issu du protestantisme. Cité par le journal, l’avocat général Stéphane Chassard a expliqué, lors d’une audience publique mardi 7 septembre qu’« on n’est pas dans un cas de secte mais il y a une problématique soit religieuse, soit mystique, entre trois personnes qui ont des niveaux intellectuels élevés ». Quel est ce mouvement religieux ? Pourquoi a-t-il conduit à la séquestration de cette jeune femme ?

Mennonisme : quel est ce mouvement religieux ?

Le mouvement mennonite est né en Suisse à la fin du XVIe siècle et compte plus de 2 millions de fidèles dans le monde, dont 2 000 en France, selon le journal La Croix. Il tient son nom d’un ancien prêtre catholique hollandais, du nom de Menno Simons, qui, selon le quotidien « l’a structuré et développé aux Pays-Bas, en Allemagne, en Suisse et dans l’est de la France ».

Ces protestants anabaptistes rejettent le baptême des enfants, estimant que cette décision doit être prise en pleine conscience. D’après La Croix, ce sont également des « apôtres de la non-violence et d’une vie simple » qui « font passer l’obéissance à Dieu avant la fidélité à l’Etat et refusent par exemple de prêter serment ou le service militaire ». Une minorité refuserait également le progrès technologique. Ils sont souvent confondus avec les Amish, qui sont pourtant issus d’une scission avec le mouvement. Les 32 églises présentes en France sont autonomes, souveraines dans leur organisation et principalement situées dans l’est de la France.

Mennonisme : laquelle des trois femmes a entraîné les autres ?

Selon La Nouvelle République, c’est bien la conversion de la mère et de la fille aînée à ce mouvement religieux qui aurait modifié le mode de vie de ces trois femmes, qui vivaient dans une maison sans eau courante ni électricité. La plus jeune était séquestrée dans une pièce à la fenêtre obstruée par une planche, une chambre dont le sol était recouvert d’excréments et d’immondices.

Si elles se revendiquent du mennonisme, ce mouvement religieux est reconnu en France et n’est pas considéré comme une secte ou présentant des dérives. Comment expliquer alors cette violence envers la plus jeune ? Des marques de coups et de griffures ont été retrouvées sur son corps. C’est à cette question que devra notamment répondre l’enquête et savoir laquelle des trois femmes a entraîné les autres. La victime a porté plainte contre sa mère, mais pas contre sa sœur.

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