Joggeuse disparue en Mayenne : du soulagement à la stupéfaction

 
 
Auteur de l'article La rédaction , publié le 15/11/2021 à 16:11
Des gendarmes près de la forêt de Bellebranche le 9 novembre
AFP
Disparue, puis retrouvée, une jeune fille de 17 ans a affirmé avoir été séquestrée par deux hommes. Après trois jours d'enquête, elle a finalement avoué avoir menti depuis le début. Ce que l'on sait de cette affaire loin d'être terminée.

Que s’est-il passé lundi 8 novembre, en fin d’après-midi ? Les gendarmes n'ont toujours pas la réponse exacte à cette question. Ce jour-là, une jeune fille de 17 ans disparaît après être partie faire un footing vers 16 heures. Ne la voyant pas revenir, son père prévient les forces de l'ordre en tout début de soirée. À ce moment-là, l'inquiétude est grande car des écouteurs tâchés de sang, ainsi que le portable et la montre connectée de la jeune fille, ont été retrouvés dans la forêt où elle avait ses habitudes.

Joggeuse disparue en Mayenne : pourquoi a-t-elle menti ?

Après 24 heures d'angoisse, l'adolescente réapparaît soudainement dans un fast-food de Sablé-sur-Sarthe (Sarthe), à seulement dix kilomètres de son domicile. Elle explique alors avoir été enlevée et séquestrée, puis être parvenue à s'échapper, avant de se réfugier dans la première enseigne trouvée. En état de choc, elle est interrogée rapidement par les enquêteurs puis emmenée à l'hôpital, où elle passe toute une batterie d'examen.

Comme l'expliquent plusieurs médias, elle décrit alors aux gendarmes la présence d'une camionnette verte et de deux hommes, qui l'auraient emmenée dans une maison qu'elle ne parvient pas à décrire. Ses ravisseurs sont également sans visage. S'ils écoutent la jeune fille, les enquêteurs ont rapidement des doutes car ce qu'elle leur explique ne correspond pas à ce qu'ils ont pu relever sur les lieux de la disparition. Aucune personne du voisinage n'a vu cette camionnette verte, qui ne figure pas non plus sur les images de surveillance. Elle affirme avoir été battue, mais elle ne présente que de simples égratignures, loin de la violence des blessures décrites.

La jeune femme dit-elle toute la vérité ? Deux jours durant, les gendarmes poursuivent leurs fouilles, pour tenter de retrouver la trace de ces mystérieux ravisseurs. Ils demandent tout de même à auditionner l'adolescente une deuxième fois, qui n'a pas besoin de beaucoup de temps avant de leur dévoiler la vérité : elle a menti et a tout inventé. Elle n'a pas été enlevée ni séquestrée pendant qu'elle était partie courir.

Un mensonge qui pourrait avoir de graves conséquences. Comme l'explique Le Parisien, la jeune fille mineure pourrait faire l'objet de poursuites pour dénonciation de crime imaginaire. Selon l'article 434-26 du Code pénal, cette infraction est passible de six mois de prison et de 7 500 euros d'amende. Elle devrait également être soumise à une expertise psychiatrique, demandée par la justice. Les enquêteurs cherchent désormais à comprendre ce qui lui est arrivé pendant les 24 heures où elle a disparue : était-elle seule ? A-t-elle bénéficié de la complicité de quelqu'un ? Selon le quotidien francilien, l'adolescente est restée muette à ce sujet.