Pas-de-Calais : en 1930, le cauchemar d’une mère et sa fille, accusées de sorcellerie par leur village

 
 
Auteur de l'article eleonore.bounhiol , publié le 31/10/2022 à 12:10
Une maison isolée
Istock
En 1930, dans la commune de Wittes (Pas-de-Calais), Hermance Wallard et sa fille Marie font l’objet d’une curieuse rumeur. On raconte qu’elles pratiquent la sorcellerie. Il n’en faut pas plus pour déclencher une véritable « chasse aux sorcières » qui va ébranler la région… et le quotidien de la famille.

Au printemps 1930, le hameau pourtant tranquille de Cornet, sur la commune de Wittes (Pas-de-Calais), va être secoué par une sombre affaire… de sorcellerie.

Tout commence lorsqu’une agricultrice de la région est victime d’un accident, rapporte à l’époque Le Petit Parisien. Pour en déterminer l’origine, elle fait appel à un guérisseur du coin. Ce dernier est formel : elle a été victime d’un envoûtement. « La première femme qui entrera dans votre maison demain sera celle qui vous a jeté un sort », souffle le rebouteux à la cultivatrice.

Le lendemain, Hermance Wallard, une veuve âgée d’une soixantaine d’années, embauche, comme à son habitude, dans la ferme de la victime, où elle travaille deux fois par semaine. Pour la fermière, il ne fait pas de doute : c’est donc elle, la sorcière qui l’a maudite. Elle la congédie sur le champ, et la rumeur se répand dans tout le bourg.

C’est le début de la descente aux enfers pour Hermance, et sa fille, Marie, 30 ans, qui va bientôt être associée à son tour aux pratiques occultes imputées à sa mère.

Plusieurs morts suspectes chez les animaux du village

Car quelques jours après l’accident de l’agricultrice, dans une exploitation voisine, une vache tombe gravement malade. On appelle le même guérisseur. A nouveau, il accuse une malédiction, un sort, jeté par « la première personne qui viendra à la ferme ». Le sort s’acharne : Marie Wallard, la fille d’Hermance, donc, a pour habitude de venir puiser de l’eau à la pompe de cette même ferme.

Surtout que dans le village, les morts suspectes d’animaux, veaux, poules, se succèdent. Une diseuse de bonne aventure, de passage dans la région, va même assure aux habitants qu’une femme nommée « Maria » en a après eux. Ils ne tardent pas à faire le rapprochement avec la jeune Marie.

On fuit, dès lors, mère et fille comme la peste noire. Ostracisées, Hermance et Marie se retrouvent sans ressources : plus personne ne veut les embaucher. Elles tombent malades, de désarroi.

Selon Le Petit Journal, les Wallard finissent par porter plainte pour dénonciations calomnieuses à l’encontre du guérisseur. Toutefois, on ignore si la procédure a pu aboutir et si Hermance et Marie ont pu retrouver une vie normale.

« Plus personne de cette famille n’habite le hameau, leurs maisons ont été rasées, mais j’ai bien connu l’un des descendants. Cette histoire de sorcières a fini par se tasser sans aller plus loin », s’est souvenu le maire de Wittes, Hervé Faucon, dans 20 Minutes.

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