Psychopathes : seraient-ils le résultat d’une « sélection naturelle » ?

 
 
Auteur de l'article eleonore.bounhiol , publié le 01/04/2022 à 15:04
L'ombre d'un homme avec un couteau
Istock
Insensibles, cruels et agressifs… Les psychopathes sont, très souvent, associés aux pires travers de l’humanité. Mais une nouvelle étude révèle que ce trouble pourrait bien être le résultat de la sélection naturelle. En somme, les individus seraient devenus psychopathes pour survivre, tout simplement. Explications.

En 2021, une équipe de chercheurs canadiens a décidé de s’intéresser à la psychopathie sous un nouvel angle. Leur hypothèse ? Ce trouble psychique incurable serait le résultat de la sélection naturelle. Les psychopathes, en dehors de leurs caractéristiques péjoratives, souvent mises en avant, possèderaient en outre tout un tas d’avantages, surtout dans un environnement compétitif.

Aux débuts de la psychocriminologie, on associait souvent la psychopathie au fait d’être gaucher. Bien heureusement, aujourd’hui, cette corrélation n’est plus crédible.  

Pour ces scientifiques, la psychopathie n’est pas un trouble ou une maladie mentale, mais bien un mode de fonctionnement à part entière. Il s’agirait d’une « stratégie de vie alternative », résultant de l’adaptation des hommes à leur environnement. On parle donc bien, ici, de biologie évolutive.

Les traits de personnalités associés aux psychopathes, à savoir la manipulation, la tromperie et la violence, auraient donc été développé par certains individus au fil de l’histoire pour survivre, tout simplement, dans un environnement donné.

La violence pour survivre

« La prise de risque, l’opportunisme et l’insensibilité des psychopathes ont contribué à augmenter leur succès de reproduction par le passé, en exploitant la confiance et la coopération des individus qui forment la majeure partie de la population », explique l’étude. En résumé, les psychopathes auraient usé de la violence, notamment sexuelle, pour survivre et perpétuer leur « lignée ».

« La psychopathie n’est donc pas une maladie mentale, malgré les dégâts qu’elle cause chez les autres, et elle n’est pas non plus le résultat d’un échec des mécanismes de l’évolution psychologique, mais il s’agit plutôt d’une stratégie alternative, choisie par les individus car elle offrait de nombreux avantages en termes d’adaptation à l’environnement. »

Lesleigh E. Pullman, Nabhan Refaie, Martin L. Lalumière, DB Krupp, les auteurs de l'étude

L’étude a soulevé de nombreuses controverses, notamment d’un point de vue moral et philosophique. A en croire ces chercheurs, en effet, la psychopathie peut être indésirable dans un contexte et désirable dans un autre ; « considérée comme une maladie à une époque et une stratégie de survie à une autre », note Slate. C’est presque justifier la violence et la coercition inhérentes au mode de fonctionnement des psychopathes.

Ce qui est sûr, ce que la psychopathie reste encore aujourd’hui source de questionnements et de mystères.